Aux
chanteurs sans chant, le vent et l'esprit
Voici qu'un vent
furieux cingle cités et bois.
Le cyprès qui se tord s'était cru silencieux
jusqu'à ce qu'il perçût dans les fracas du vent
la musique sublime dont il fut l'instrument.
Ô vent, dit
le cyprès, comme ta chanson est douce.
Ô cyprès, dit le vent, combien ton chant l'honore.
Méditant le murmure du cyprès et du vent,
je me laissais emplir de pensées indolores.
Étrangers
à nos chants, nous rêvons de chanter,
mais en nos curs de bois la musique étouffée
se dissipe en souffrance dans l'obscur interdit.
Ainsi demeurons nous prisonniers du silence.
Ô âme, ta souffrance n'est pas dans le silence mais dans
le désespoir !
Cultive le désir d'entendre notre chant,
car il n'est d'instrument qui ne jouera sa note
mais il est des soupirs ornant la partition.
L'esprit, archet divin, comme le vent dans les branches,
jamais ne perd le rythme, car le rythme est la vie et chaque être
y consent.
Bien tôt viendra
le temps de jouer notre refrain.
Quand nous ressentirons le souffle nous ravir,
qu'aurons nous à choisir sinon le consentement ?
Et à quoi consentir sinon à la conscience,
à l'écoute en symbiose du joueur virtuose ?
Ainsi naît la splendeur des Grandes Symphonies.
Mais le Grand Public
est discret.
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